Responsable éditoriale : Muriel Amide, juriste en droit du travail · Dernière mise à jour : 26 août 2026
« RPS » est un sigle qu’on croise de plus en plus dans les documents d’entreprise, sans toujours savoir ce qu’il recouvre précisément. Voici une définition claire, appuyée sur les repères utilisés par les préventeurs et les services de santé au travail.
Une définition de référence
Les risques psychosociaux se définissent comme les risques pour la santé mentale, physique et sociale, engendrés par les conditions d’emploi, les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental. Cette définition, issue des travaux du collège d’expertise sur le suivi statistique des risques psychosociaux au travail, sert de référence aux services de l’État et à l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS).
Les six familles de facteurs de risque
La recherche identifie généralement six grandes familles de facteurs pouvant générer des RPS : l’intensité et le temps de travail (surcharge, objectifs irréalistes, horaires imprévisibles) ; les exigences émotionnelles (contact avec la souffrance d’autrui, obligation de masquer ses émotions) ; le manque d’autonomie ; les mauvais rapports sociaux au travail (manque de reconnaissance, conflits, isolement, violences) ; les conflits de valeurs (devoir agir contre ses principes professionnels ou éthiques) ; et l’insécurité de la situation de travail (crainte de perte d’emploi, changements mal accompagnés).
Ce que les RPS englobent concrètement
Le stress chronique, l’épuisement professionnel (burn-out), les violences internes — dont le harcèlement moral et sexuel — et les violences externes exercées par des tiers (clients, usagers, patients), la surcharge de travail durable, et plus largement toute situation où l’organisation du travail elle-même, indépendamment de comportements individuels isolés, dégrade la santé mentale des salariés.
Une approche qui déplace le regard
L’intérêt de la notion de RPS est de ne pas réduire systématiquement la souffrance au travail à un conflit entre deux personnes. Une charge de travail structurellement intenable, un objectif commercial irréaliste imposé à toute une équipe, une réorganisation mal accompagnée peuvent générer une souffrance collective, sans qu’aucun individu ne soit personnellement l’auteur d’un harcèlement. Cette distinction ouvre des leviers d’action différents : agir sur l’organisation, pas seulement sur les comportements.
Pourquoi cette définition vous concerne
Si vous ressentez une dégradation de votre état mental sans pouvoir la rattacher à un harcèlement précis et identifiable, vous n’êtes pas hors du cadre légal pour autant : les RPS relèvent de la même obligation de prévention et de sécurité qui pèse sur votre employeur.
Lorsque les RPS deviennent une situation vécue et non plus seulement une notion de prévention, le guide pour agir au travail permet de passer de l’identification des facteurs aux premières démarches concrètes.
Pour aller plus loin
- Risques psychosociaux (RPS) au travail : définition et prévention
- Stress chronique au travail : symptômes et conséquences
- Prévenir les RPS en entreprise
Sources. Collège d’expertise sur le suivi statistique des risques psychosociaux au travail (rapport Gollac, 2011) · INRS, dossier « Risques psychosociaux » · Code du travail, art. L.4121-1.
