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Salariée épuisée, tête posée sur ses bras devant son ordinateur, burn-out au travail

Harcèlement au travail

Burn-out au travail : symptômes, reconnaissance et indemnisation

Responsable éditoriale : Muriel Amide, juriste en droit du travail · Dernière mise à jour : 26 août 2026

Vous n’arrivez plus à vous lever le matin sans une boule au ventre. Vous qui étiez investi dans votre travail, vous n’en avez plus la force, ni même l’envie. Ce que vous décrivez a un nom précis, une définition internationale, et — sous certaines conditions — des droits associés que beaucoup de salariés ignorent.

Si cet épuisement s’inscrit dans un contexte de pression, d’isolement ou de dégradation du travail, le point de départ pour agir consiste d’abord à remettre les faits en ordre et à identifier les démarches adaptées.

Ce que l’OMS reconnaît, et ce qu’elle ne reconnaît pas

L’Organisation mondiale de la santé a intégré le burn-out dans la 11e révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11), entrée en vigueur le 1er janvier 2022. Une nuance compte cependant : l’OMS ne le classe pas comme une maladie à proprement parler, mais comme un « phénomène lié au travail », résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été géré avec succès. Cette distinction n’enlève rien à la réalité de ce que vous vivez — elle explique en revanche pourquoi sa reconnaissance juridique en France emprunte des voies particulières.

Trois dimensions qui définissent le burn-out

L’OMS caractérise le burn-out par trois dimensions : un sentiment d’épuisement ou de fatigue intense, un cynisme ou un détachement croissant vis-à-vis de son travail, et une efficacité professionnelle réduite. Ces trois dimensions, réunies, distinguent le burn-out d’une simple fatigue passagère ou d’un coup de mou ponctuel.

Une reconnaissance juridique possible, mais pas automatique

Le burn-out ne figure pas dans les tableaux de maladies professionnelles du régime général. Il peut néanmoins être reconnu par la voie complémentaire prévue par le Code de la sécurité sociale, sous certaines conditions, ou plus rarement comme accident du travail lorsqu’il résulte d’un événement soudain et identifiable. Ces deux voies, distinctes, ouvrent des droits différents.

Du premier épuisement à la reprise du travail

Comprendre le burn-out suppose de distinguer les symptômes, les modalités de reconnaissance, l’arrêt de travail, la reprise et les différentes voies d’indemnisation, sans oublier la prévention.

Burn-out et harcèlement moral : deux réalités différentes qui peuvent se croiser

Un épuisement professionnel ne prouve pas, à lui seul, l’existence d’un harcèlement moral. Le burn-out renvoie d’abord à un processus d’épuisement lié à un stress professionnel chronique : la personne n’arrive plus à récupérer, se détache progressivement de son travail et peut avoir le sentiment de ne plus être efficace malgré des efforts toujours plus importants. Le harcèlement moral répond, lui, à une définition juridique : des agissements répétés doivent avoir pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits ou à la dignité, d’altérer la santé ou de compromettre l’avenir professionnel.

Les deux situations peuvent néanmoins se rejoindre. Des humiliations répétées, une mise à l’écart, des objectifs utilisés comme moyen de pression, des changements incessants de consignes ou une déstabilisation organisée peuvent participer à un épuisement sévère. À l’inverse, un salarié peut s’effondrer dans un contexte de surcharge, de sous-effectif ou de perte de sens sans qu’un harcèlement soit juridiquement caractérisé.

Cette distinction est importante parce qu’elle évite deux erreurs : minimiser une souffrance réelle au motif qu’aucun harceleur n’est clairement identifié, ou conclure trop vite au harcèlement parce qu’un burn-out a été diagnostiqué. Dans les deux cas, il faut revenir aux faits : organisation du travail, horaires, objectifs, messages reçus, décisions de management, alertes déjà formulées et évolution de l’état de santé.

Si vous hésitez entre ces deux qualifications, commencez par documenter ce qui s’est réellement passé. Les éléments utiles pour prouver un harcèlement moral permettent de construire cette chronologie, tandis que l’analyse des risques psychosociaux aide à identifier les facteurs liés à l’organisation du travail.

Repères : Code du travail, art. L.1152-1 ; INRS, dossier « Épuisement professionnel ou burnout ».

Symptômes, reconnaissance, reprise et indemnisation

Voir aussi

Sources. Organisation mondiale de la santé, classification CIM-11 (2022) · Code de la sécurité sociale, art. L.461-1 (maladie professionnelle hors tableau) et art. L.411-1 (accident du travail).